Les Immatriculations en
Alsace-Lorraine, depuis 1906
1912, Ribeauvillé : -
Alsace et Lorraine entre 1941 et 1946 
Une synthèse des connaissance sur le sujet a été rédigé par Thierry Baudin dans sa rétrospective de l'histoire des plaques françaises pour le MEEDDAT, dont voici un extrait.
Pour en savoir plus, voici sous forme de questions/réponses, l'état de nos connaissances sur le sujet. Il s'agit d'extraits de messages relatifs aux départements de l'Alsace-Lorraine, entre Thierry Baudin, Jean Schuliar (malheureusement décédé) et Jean-François Zuraw .
Jean-François Zuraw
: L'Alsace a t'elle gardé la numérotation française pendant la Seconde Guerre
Mondiale ? Non : En effet, grâce au site de Joël Marsy
sur le 67,
nous savons que les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
avaient été rattaché
à Baden entre 1941 et 1945.
C'est pour cela que les séries spéciales deux roues,
remorques et tracteurs agricoles n'ont été mises en place
qu'en 1946 pour
l'Alsace et la Lorraine.
Baden utilisait depuis 1906 le préfixe IV-B auquel ont été rajoutés les préfixes :
IV-ST Straßburg (1941-45, France)
IV-T Altkirch, Mühlhausen und Thann (1941-45, France)
IV-U Erstein, Molsheim und Schlettstadt (1941-45,
France)
Schlettstadt = Sélestat
IV-X Gelschweiler, Kolmar und Rappoltsweiler (1941-45, France)
IV-Z Hagenau, Weißenburg und Zabern (1941-45,
France)
Weißenburg = Wissembourg, Zabern = Saverne
Concernant la Lorraine, elle était considérée
comme un protectorat et a utilisé le préfixe Wm (Westmark
- Lothringen). Des informations avaient été trouvées sur l'ancien site de
Dick de Winter
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On peut donc récapituler l'historique suivant : - 1906-1922 : préfixes VI-A (67), VI-B (68) et VI-C (57) - 1922-1928 : utilisation de la lettre J pour l'arrondissement - 1928-1941 : codes NV, PB et LH - 1941-1945 : administration allemande - 1945-1950 : code NV, PB et LH - 1950- : codes 67, 68 et 57 Reste à savoir s'il y a eu une rupture (en terme de suite de numéros) dans l'attribution des immatriculations avec les codes français entre 1928 et 1950.
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Thierry Baudin
: Le problème de
savoir si les Allemands ont réimmatriculé en 1940 ou 1941
des véhicules de la série 1928-1950 est toujours
posé, sans réponse sûre.
On ne sait quand les Allemands ont commencé à
numéroter les véhicules nouveaux, on ne sait quel volume
a été émis. L'examen des évolutions des
immatriculations françaises émises après 1945 dans
les départments rétablis ne montre pas un gros pic en
1946 des immatriculations, provenant de la réimmatriculation des
véhicules ayant commencé à circuler en 1940 ou
1941 sous une immatriculation allemande. La tendance était
plutôt à la reconstruction, d'où une tendance
à la mise en circulation de nouveaux véhicules (autant
que l'offre réduite d'immédiate après-guerre le
permettait), alors que la quantité des immatriculations
allemandes doit avoir été limitée, en
période de guerre et dans une Alsace-Lorraine
désertée par ses habitants civils français. Donc
la différentiation sur l'analyse 1946-47-50 et après ne
peut donner grand'chose, d'autant que les véhicules
français qui auraient été
réimmatriculés en 1940-41 en série allemande (si
cela s'est bien produit), ont pu reprendre leur numéro du
système de 1928, ce qui n'aura pas gonflé les
immatriculations après 1945.
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Thierry Baudin
:... Les Allemands en 1941
ont repris pour l'Alsace (67 et 68) les Kreise de 1871, ce qui
correspond en gros aux arrondissements d'aujourd'hui (il y a pas mal de
sous-préfectures dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, plus que dans
les autres départements français). En Moselle, on dirait
que les Allemands avaient créé en 1941 des Kreise
supplémentaires (comme Saint-Avold, donc), mais il faudrait
aussi savoir quelles pouvaient être les sous-préfectures
en Moselle en 1940.
Je m'étonne simplement que Jean dise qu'il restait
extrêmement peu de véhicules dans cette région
après 1940, (et donc susceptibles d'être
ré-immatriculés), il va falloir préciser ce
détail.
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Jean Schuliar :
Il s'agit bien de Guebweiler (Guebwiller en français) et non
Gelschweiler comme
indiqué sur certains sites. Ne pas oublier qu'un Septembre1939
et mois suivants, un grand nombre de véhicule civils
français avaient été réquisitionnés.
De plus lors de
l'exode vers l'intérieur de la France, de nombreux
véhicules se sont retrouvés dans le flot des
réfugiés se dirigeant vers le Sud, ce qui fait qu'il
ne restait pas grand monde et véhicules après Juin 1940.
Je pense; et d'après les Kraftfahrezugbrief que je
possède, que de nombreux véhicules sont venus d'allemagne
pour au moins relancer
l'économie locale et surtout les Houillères à
Forbach et Freyming. Il existe de nombreuses photos du
déblaiment des ponts ( explosés par
les français en 1939 ) où l'on voit des véhicules
avec immatriculation RAD -..... sur des camions Man, Mercedes, etc.
- Question : Le Grand Reich a-t-il
réimmatriculé en 1940 les véhicules qui avaient
été immatriculés selon le système de 1928,
pour améliorer la germanisation ? Et 1940 ou 1941 pour la mise
en place du système allemand ?
Réponse : J'ignore si le Reich a immatriculé en plaques
allemandes d'anciens véhicules français. Je pense que oui
mais n'ai pas la certitude et ce doit être de toute façon en quantité réduite. Ne
pas oublier non plus que lors de l'avance des alliès vers les
frontières du Reich, de très nombreux véhicules
ont été réquisitionnés, cette fois
par les allemands, pour rapatrier au plus vite les troupes allemandes
vers l'allemagne et de ce fait, rares sont les véhicules qui
sont restés
en Alsace-Moselle. Et comme leurs congénères de la
débacle de 1939, ils ont fini également mitraillés
ou pulvérises le long des routes et par
la suite ont fait le bonheur des ferrailleurs.. Voilà pour le
petite histoire.
- Question : Même si les Kreise de
1940 en Lorraine (Westmark) n'avaient pas de code alphabétique,
mais seulement un préfixe numérique, est-ce que leur
liste était la même que celle de 1871
-Bolchen-Château-Salins-Diedenhofen-Forbach-Metz-Land-Metz-Stadt-Saarburg
360-Saargemünd 373 ?
On dirait que non, parce que le 362 a été
affecté à Saint-Avold, donc ce devait être un Kreis
en 1940, alors que Saint-Avold dépendait du Kreis de
Sarreguemines en 1871.
Réponse : Pour la numérotation, et les noms des lieux,
villes annexés par Hitler, les noms de 1871 en allemand, ont
simplement été repris.
Bolchen ( ex-Boulay ) , Duss ( ex-Dieuze ), Diedenhoffen ( Thionville
), Salzburg ( ex Chateau-Salins ), etc, etc.
Quant aux codes attribués, je pense que cela date de 1941, car
avant, c'était français et il semblerait difficile
d'admettre que les allemands aient conservé les numérotations françaises.
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Thierry Baudin
:
Voici 2 liens qui expliquent le découpage de 1871 :
- http://alsacegenweb.online.fr/1871.jpg
; je me rends compte de que le départment des Vosges a aussi
contribué à l'Alsace-Lorraine de 1871 (les cantons de
Saales et Schirmeck lui ont été enlevés), et que
ces deux cantons sont restés dans le Bas-Rhin en 1919 ;
- http://perso.wanadoo.fr/michel.barbier/AlsaLor-accueil.html
cette liste des communes et des Kreise de 1871 est
intéressante, cela permet de dire que le Kreis était
à peu près équivalent à l'arrondissement,
et que le découpage de 1940 n'était pas loin de celui de
1871 (il paraît que Hitler a rétabli la frontière
en 1940 exactement comme elle était avant 1919).
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Jean Schuliar répond aux questions de Thierry Baudin :
Questions : Nous n'étions
pas persuadés de ce que le système allemand avait
été appliqué en Alsace
et en Lorraine pendant la seconde guerre, d'après les
évolutions des
numéros français - qui avaient l'air d'avoir
évolué à un rythme normal,
mais il semble bien que si. Avez-vous un éclairage
à apporter ?
Par exemple, la Lorraine allemande de 1941 correspondait-elle
exactement au département de la Moselle, ou l'administration
allemande a-t-elle
réinstitué les découpages de la période
d'annexion, 1870-1919 ? On peut
penser que cette deuxième hypothèse est la bonne, comme
les villes
d'Alsace mentionnées avaient dû
récupérer un statut de Kreis, plus ou moins. Avez-vous
justement des détails sur les découpages administratifs
utilisés en Alsace et en Lorraine pendant cette (triste)
période ? C'est étonnant d'ailleurs, que la Lorraine soit
devenue un "protectorat",
alors que l'Alsace était complètement fondue dans
l'Allemagne...
Et pensez-vous que les véhicules immatriculés en France suivant le système
de 1928 ont dû être ré-immatriculés à partir de 1941, en application de la
politique d'intégration du 3ème Reich sur ces territoires "regagnés" ?
Réponses : Je réponds aux questions sur l'Alsace-Lorraine.
Tout d'abord il faut dire que trop de gens font l'amalgame entre
département
de la Moselle et le Lorraine toute entière. L'Alsace
comprend 2 départements
: Bas et Haut Rhin. La Lorraine comprend les
départements 54, 55 , 57 et 88. Avant 1870, le
département de la Moselle ne faisait
qu'un avec la Meurthe et Moselle et s'appelait le département de
la Meurthe. Ainsi SARREBOURG se trouvait dans le départment de
la Meurthe (A l'époque,
la numérotation des départements n'existait pas et pour
cause, il n'y avait pas de voitures !). Suite à la
défaite de 1870 ( rappelez vous Gravelotte,
Reichshoffen, etc) les Prussiens ( les allemands n'existaient pas
encore !)
ont piqué à la France l'Alsace (pratiquement en entier,
sauf Sainte Marie aux
Mines et quelques petits villages parlant français) et surtout
la partie Nord et
Nord-Est du département de la Meurthe et ce département a
donc été séparé de
la France. La nouvelle frontière suivait en gros le tracé
de la ligne de chemin de fer Sarrebourg - Metz . A l'est de cette
ligne, c'était la Prusse, et à l'Ouest, la France par
l'intermédiaire du département de la Meurthe.
Cette situation a duré jusqu'en 1918 date à laquelle les
français ont viré
les prussiens et le Kaiser. Par suite de l'arrivée au pouvoir de
Hitler qui rejettait le Traité de Versailles de 1919 et de la
déclaration de guerre en 1939, la Moselle fut à
nouveau annexée au Reich allemand et pris le nom de WESTMARK .
la frontière qui existait
alors avec la Sarre fut supprimée et toute
l'administration centrale allemande se
fit à SARREBRÜCKEN. La zone était étroitement
surveillée ; plus que la ligne
de démarcation séparant la France occupée de la
France dite libre ou non occupée. Voilà pour le petit
cours d'histoire !
Pour les plaques, il faut considérer plusieurs périodes :
- jusqu'en 1919 et même 1922 , il semble que les plaques
étaient d'origine
allemande sous la forme comme indiquée dans RPW 4. VIA pour
Basse Alsace (Strasbourg et en gros le département actuel 67 )-
VIB pour Haute Alsace
( en gros le département actuel 68) - VIC pour le partie
annexée de la Lorraine (en gros le département actuel
57). Pour ce genre de plaques,
celles-ci apparemment sont introuvables et subsistent seules des photos
de
famille où on peut les lire.
- A partir de 1919 et selon les ex-départements annexés et retournés à la
France, les véhicules ont repris le système français en cours, jusqu'à le
nouvelle réglementation de 1928.
- Suite à l'occupation des 3 départements Alsace et
Moselle en Juin 1940,
Hitler considérant que ces département avaient toujours
fait partie du Grand Reich en a décidé l'annexion pure et
simple avec expulsion des éléments
francophones et francophiles y demeurant ( Ainsi; l'Université
de Strasbourg s'était repliée à Clermont Ferrand.)
Pour les plaques, les départements
67 et 68 furent rattaches à BADEN-BADEN au niveau administration
centrale avec toutefois un Gauleiter à STRASBOURG et ces plaques
furent délivrées
par l'administration allemande en place. Ainsi IVST pour Strasbourg,
IVT pour Thann, Mulhouse et Altkirch, IVU pour Erstein,Molsheim et
Sélestat,
IVX pour Guebwiller, Colmar et Ribeauvillé, et IVZ pour
Haguenau, Saverne et Wissembourg. Quant à la Moselle, celle-ci
dépendant de SARREBRÜCKEN,
reçut des plaques commençant par Wm ( petit M). J'ai
quand même quelques toutes petits infos sur la Moselle sur cette
période. Il
appaîtrait que chaque "Kreis" ( équivalent en gros
à notre canton) avait
une identification distincte. Les plaques de Westmark étaient de
la façon suivante : Wm
suivi d'un n° à 6 chiffres en noir sur fond blanc .Y
figuraient également le tampon
encreur rouge du service qui avait délivré la plaque et
il se trouvait également un V retourné de couleur rouge
indiquant que le véhicule n'était
soumis à aucune restriction de circulation. Il semble (
là, je n'ai pas la preuve
absolue ) que sur les 6 chiffres , les 3 premiers indiquaient le
Kreis.
Ainsi, Sarrebourg Wm - 360 ... , Sarreguemines: Wm - 373 ... ,
Saint Avold : Wm - 362 ... ! C'est tout ce que j'ai pu identifier
comme plaques par les Kraftfahrzeugbrief.
Pour les véhicules de l'administration, j'ai le carnet
Kraftfahrzeugbrief du camion de pompiers de Fénétrange (
à 15 kms au Nord de Sarebourg ) et
ce carnet indique que le camion aurait dû avoir normalement une
immatriculation en Wm, mais en fait il a reçu une
immatriculation: Pol - 80682 !
- Je possède 2 plaques Wm et une IVZ ( celle figurant dans
RPW 4 page 256 )
. C'est pratiquement impossible à trouver. Il ne faut pas
oublier que les véhicules , lors de la retraite allemande
ont été réquisitionnés et
beaucoup de ceux-ci ont fini en ferraille au bord des routes sur le
chemin de retour
vers l'allemagne ( les ferrailleurs ont eu du travail sur la planche !).
- Au retour des autorités françaises en 1944/1945 (
selon les départements )
, les immatriculations ont repris, je ne sais à quelle date mais
à partir de 1950, tout était rentré dans l'ordre
avec le nouveau système.
J'oubliais de dire, que naturellement, au départ des nazis, tout
ce qui pouvait ressembler à des archives a été
détruit ou si ce n'est par eux,
c'est plutôt par les "excités résistants de la 25
° heure " ( on en a en
des résistants du 09 Mai 1945 !!!!). Sans commentaires !
Veuillez nous
contacter pour tout apport d'information.