Voici 2 articles de Alain DUPONT (Francoplaque # 21, TPT #181), avec de nombreuses photos de l'ancienne collection de René MATHIS (TPT #187) 

PLAQUES BELGES DE TAXE  PROVINCIALE  Auto/Moto de 1899 à 1914    (article de février 2009)        

LA PLAQUE D' IMMATRICULATION BELGE : L'âge d'émail, 1899 à 1956
(article d'août 2005 ci-dessous)
   


1     AVERTISSEMENT

Force est de reconnaître que l'histoire de la plaque belge ancienne n'a pas encore livré tous ses secrets. Plusieurs points, souvent chronologiques, restent obscurs et controversés… Et c'est peut-être un bien finalement, car cette touche de mystère conserve au sujet vie,  folklore et conversations volubiles !
Ce manque de certitudes n'est cependant pas sans agacer de nombreux collectionneurs, souvent  anglophones.
Bien sûr, les textes des lois et des arrêtés d'application ainsi que des parutions spécialisées de l'époque n'ont pas disparu et il serait donc théoriquement possible de résoudre le problème . Cependant, dans la pratique, un tel projet s'identifie au 13ème travail d'Hercule !
Si certains ont peut - être essayé, personne à ma connaissance n'a encore entièrement réussi un tel exploit : c'est pourquoi la présentation de cet article se limitera à un panorama photographique du sujet. Les dates mentionnées me paraissent correctes, à une année près. 

Merci à René MATHIS (TPT 187), aujourd'hui décédé, ancien collectionneur liégeois tout comme moi-même, pour sa précieuse collaboration.

2. AUTO - MOTO / TYPE A  (1899 - 1911)      Noir sur Blanc

La loi du  4 août 1899 sur la police de roulage relative aux automobiles et aux motocycles définit cette première série de plaques d'immatriculation permanentes.   

  • type A-1   (1899-1900)     n° 1 à 999  


 Collection R.M.

  • type A-2   (1900-1905)    n° 1000 à 9999   

  • type A-3   (1905-1911)     n° 10000 à 27800 ?

Type A-3 (suite)

 Collection R.M.                                                                                                                  

 

3. AUTO  TYPE B  (1911 - 1919)                         Blanc sur Noir

                                       n° 10000 à 28000 ?

Une seule plaque - arrière - est fournie par l'Administration, la plaque avant est laissée au soin du titulaire selon des règles strictes. Une loi (2 septembre 1913) suivie d'un arrêté royal (15 déc.1913) mettent un terme, sur  papier, à cette série. La distribution des nouvelles plaques "type C" est prévue à partir du  15 mars 1914. Il semble qu'en pratique les" géantes noires" ne furent remplacées par les bleues qu'en 1919.

   

4. AUTO : TYPE C  ( 1919-1928)                      Blanc sur Bleu

 Mêmes caractéristiques que le type B excepté la couleur.

  n° 1 à 29.999 ?

C'est la série la plus controversée

 
                   Collection R.M.

  n° 30000 ? à 99999

    A, D, E, G   1 à 9999                         Blanc /bleu foncé

    H, K            1 à 9999                         Blanc/bleu moyen  

    L :               1 à 8000 ?                           "        "       "

  

    

5. AUTO  / TYPE  D (1928-1954)       Rouge/ blanc

 Une seule plaque fournie pour l'arrière, munie d'un sceau officiel.

.Il est difficile de dater ce type de plaque avec précision car de nombreux numéros libérés par leur titulaire sont redistribués par l'administration tout  au long de la période. On peut cependant distinguer : 

   n° 1000 à 360.000 ?

 Les chiffres ont un style particulier: ils sont rouge- brun, le fond est blanc, légèrement gris.

Il existe une variété à chiffres rouge orangé qui pourrait correspondre à des n° redistribués au milieu des années trente.

 n° 1000 à 999999

 Le style des chiffres  est variable mais plus moderne, le sceau est inchangé. Le rouge varie du cerise  à l'orange , le fond du gris au blanc crème. Le numéro 999999 est atteint au début des années cinquante.

On redistribue ensuite d'anciens numéros.

6. MOTOS

 Jusqu'en 1911, il n'y a pas de distinction minéralogique entre les 2, 3 et 4 roues ( ou plus) .

 Lorsque survient le type B, il est décidé que les numéros des autos possèderont cinq chiffres alors que ceux des motos seront inférieurs à 10.000 avec éventuellement une lettre et trois chiffres lorsque le numéro 9999 sera atteint.

On utilise alors les lettres A , D, ……?

 La loi du 2 septembre1913 définit aussi un modèle plus petit et plus pratique (blanc sur noir avec cadre blanc) qui, à l'instar du type C auto, pourrait n'avoir été utilisé qu' en 1919.

Il n'y a dès lors plus de raison que les géantes bleues" autos" possèdent obligatoirement  cinq signes.

             n° 1 à 620000 ?

 Il existe une série spéciale E - 1 à E - 99999 réservée aux agents assermentés de l'Etat : police, justice,….

 

7. SERIES SPECIALES

Jusqu'en 1914, c'est une couleur spéciale, voire une barre colorée (transversale) sur la plaque de taxe provinciale annuelle adjointe à la plaque d'  immatriculation , l'ancêtre du sticker U. S, qui définit l'utilisation du véhicule: taxi, transport …

Ainsi, le titulaire de la "géante noire"  n° 16006 était le roi Albert 1er en personne !

Je n'ai pas de renseignement relatif au type C.

Au sujet du type D (rouge - blanc) : # 1 à 99: famille royale.

                                                          # 100 à 999 : classes privilégiées (noblesse, haut -clergé)

A-1 et suivantes (bords rouges): membres du gouvernement : 2 plaques fournies par l'administration.

P-1 et suivantes: députés et sénateurs.

   Collection R.M.

  (différents formats)

     Collection R.M.

A partir de 1945: noir sur blanc

                       

      # 1à environ 9500

2 plaques fournies par l'administration.

  Collection R.M.

8. PLAQUES DE TAXE PROVINCIALE ANNUELLE : Voir l'article de 2009

Leur chasse est " le" sport national.

Très décoratives, elles sont de couleurs, de tailles et de formes  variables -  petites pour les vélos (1/1), échelle 2/1 pour les motos, échelle 4/1 pour les autos -  et sont très recherchées.

Elles furent distribuées, pour les vélos, à partir de 1893 environ; pour les  autos et les motos,  de 1903 environ jusqu'en 1914.

                     

9. CONCLUSION

Cet article est un prélude ou plutôt une carrosserie .Il y manque le moteur: un véritable historique avec preuves à chaque ligne, ainsi que les enjoliveurs:un aperçu pictural copieux, presque artistique, sur le foisonnement des couleurs des multiples plaques de taxe provinciale annuelles (avec signification des codes). On pourrait également envisager un album de photos d'époque.

Avant de conclure, je me dois de répondre anticipativement à la question que ne manqueront pas de se poser une grande partie des lecteurs de cet article :
"De telles plaques sont-elles encore trouvables ? A quel prix ? Où ?"

- La réponse est affirmative à condition d'être patient et de ne pas refuser l'un ou l'autre éclat dans l'émail, quitte à le restaurer.  Il n'existe pas d'argus en la matière, les prix varient d'une vingtaine d'euros pour une excellente le type D- 2 à 6 chiffres à 1000 euros et plus pour une belle type A-2 en passant, par exemple, à une soixantaine d'euros pour une correcte type C-2 ou C-3.  Quant aux plaques de taxe provinciale (auto- moto), elles se négocient pour la plupart d'entre elles entre 75 et 150 euros.

- Où ? Le club TPT (de Taksplaat  /la Plaque de Taxe ), dont le président est Monsieur Louis FIERENS, organise plusieurs bourses d'échanges par an aux quatre coins de la Belgique.

 Il est à noter qu'il existe, près d'Anvers/Antwerpen, un merveilleux musée riche de milliers de plaques belges et étrangères dont le propriétaire est Louis FIERENS lui-même…

 Je vous remercie de m'avoir lu.                                                             Alain DUPONT

Merci de réagir en m'écrivant à  : ahhdupont@skynet.be